Dans le cadre de son travail historique sur la traite négrière et l’esclavage, l’association Les Anneaux de la Mémoire a tissé de nombreux liens avec la République d’Haïti, première République Noire, née de la révolte des esclaves contre leurs maîtres, le 23 août 1791.


Depuis 2004, l’association travaille avec le Ministère de la Culture haïtien et le Musée du Panthéon National (MUPANAH) à l’élaboration d’un programme de développement culturel, dans le cadre d’une convention signée avec l’Ambassade de France en Haïti. Cette convention prévoit trois chapitres :

1- L’élaboration d’un schéma d’exposition (forme et contenu) sur l’histoire d’Haïti (de l’époque précolombienne à l’époque contemporaine).

Cette exposition, intitulée « Haïti : 1804 – 2004, un territoire, un peuple, une nation » et dont le scénario a été réalisé par les Anneaux de la Mémoire, devait être présentée sur la place du Champs de Mars en 2004, à l’occasion du bicentenaire de l’indépendance, mais compte tenu de la détérioration des relations entre les gouvernements haïtiens et français et de crainte d’une instrumentalisation de l’exposition par le Président Arisitide, les Anneaux de la Mémoire ont dû mettre un terme avec beaucoup de tristesse à cette entreprise.

2- La formation :
- l’accueil en France en stage pratique de 2 cadres du MUPANAH. M. André THOMAS, directeur administratif et M. Dukernst BIAMBY, chef du service de la conservation et des collections du MUPANAH ont été accueillis en stage du 15 janvier au 13 février 2008 au Musée Dobrée.
- le séjour d’un expert formateur en Haïti pour la préservation et la conservation des « vieux papiers » avec un programme en 2 parties :
- Inventaire et classement par type et par urgence des choses à protéger.
- Stage d’initiation à la protection et à la conservation

3- Présentation en France de l’exposition présentée au MUPANAH, pour le bicentenaire de l’indépendance (2004), « D’Ayiti à Haïti, la Liberté conquise ».
Cette exposition a été réalisée par Mme Marie Lucie Vendriess, ancienne directrice du MUPANAH.



Dans le cadre de la Société des Amis de la République Haïtienne, la ville de Nantes et les Anneaux de la Mémoire étaient convenus ensemble courant 2007 d’étudier la faisabilité d’un projet de coopération décentralisée avec Cité Soleil. Deux missions d’évaluation des besoins de Cité Soleil ont été menées en novembre 2007 et janvier 2008 par les Anneaux de la Mémoire.

Ces missions ont permis à l’association de mieux comprendre le contexte de Cité Soleil, que nous vous présentons, dans les grandes lignes, ci-dessous :

 

Présentation de Cité Soleil

Historique et localisation

Cité Soleil, dénommée Cité Simone jusqu’en 1986, a été créé dans les années 60 sous le gouvernement de François Duvalier sur le territoire de la commune de Delmas. Il était alors administré par les « tontons macoutes », milices au service du régime des Duvalier.
Le projet d’origine était destiné à la relocalisation des habitants de la Saline qui occupaient une portion du site du port international de Port-au-Prince. Par la suite, au début des années 1970, le quai (wharf) de cabotage des voiliers y a également été relocalisé.
La présence de ce wharf et des activités qui s’y rattachent ont contribué à attirer de nouveaux habitants dans le secteur. Au cours des années 1970, Cité Soleil a aussi accueilli des groupes de familles d’autres bidonvilles de Port-au-Prince, victimes d’incendies.

Cité Soleil a été élevée au rang de Commune par décret présidentiel en 2002, mais les limites de son territoire n’ont pas fait l’objet d’une description technique et cartographique jusqu’à ce jour. Selon la délimitation qui est utilisée jusqu’à maintenant par les agences publiques, Cité soleil couvre un territoire d’environ 250 ha situé entre la Route Nationale 1 et le littoral de la baie de Port-au-Prince, au nord des installations portuaires et industrielles du centre de Port-au-Prince.
Population

Cité Soleil abritait en 2003 environ 350 000 habitants. Cette estimation était le résultat d’une évaluation réalisée à partir de la dernière couverture de photographies aériennes disponibles du secteur (UTSIG, 2002) et de données relatives à la taille des ménages et des unités de logement.

Depuis 2004, la population a diminué du fait des actes de violence qui ont eu lieu entre les gangs armés partisans de l’ancien Président Aristide et la Mission des Nations Unies pour la Stabilisation en Haïti (MINUSTAH). Différents chiffres nous ont été transmis oscillant entre 250 000 et 500 000 habitants.

Les données du dernier recensement de 2006 devraient permettre d’actualiser les informations, toutefois, à ce jour, les données détaillées par la Commune de l’Aire Métropolitaine de Port-au-Prince n’étaient pas encore publiées.

Infrastructures

Sans la présence d’établissements sans but lucratif, principalement religieux ou relevant d’ONG, tels les écoles primaires et secondaires et les dispensaires, la population de Cité-Soleil aurait un niveau de desserte encore plus faible dans les secteurs stratégiques pour le développement des capacités de la population, l’éducation et la santé.

Au niveau des établissements de santé, on ne retrouve qu’un seul hôpital, Sainte-Catherine Labourée, sur l’avenue Soleil, avec environ 110 lits, alors que selon la norme, on devrait retrouver 3 hôpitaux pour la taille de la population de la commune.

Dans le secteur éducatif, on ne retrouve aucune école préscolaire publique, une seule école primaire publique et deux dans le secondaire (école nationale de Cité-Soleil et lycée de Cité-Soleil) et aucune d’enseignement professionnel.

En matière d’équipements à fonction sociale, le déficit de la commune est aussi très élevé. Il n’y a aucune bibliothèque et très peu de lieux aménagés et d’installations de qualité permettant la pratique d’activités sportives, récréatives et culturelles.

Les équipements à fonction économique sont également très limités sur le territoire de Cité-Soleil. Les installations de marché public sont rudimentaires, il s’agit de marchés de rue sans commodités et couverture.

Situation sanitaire

La situation est dramatique en ce qui concerne les déchets, l’assainissement et l’eau potable et tout le monde estime que ces volets environnementaux sont prioritaires.


La ville de Cité Soleil s’étend pour l’essentiel sur des zones très plates en bord de mer. Un vaste programme de canaux réalisé dans les années 80 devait permettre l’évacuation des eaux vers l’Océan. Ce réseau ne fonctionne pas car il est totalement encombré par les déchets de telle sorte que les habitations voisinent des fossés pestilentiels. Les actions coup de poing menées épisodiquement avec l’aide internationale ne règlent rien puisqu’il y a une forte disproportion entre les moyens financiers mis en œuvre par ces projets et les moyens mobilisables ensuite par la commune et les habitants.


Projet

Lors de leurs missions à Cité Soleil, les Anneaux de la Mémoire ont également rencontré M. Robert Duval, Président fondateur de l’Athlétique d’Haïti, centre de formation sportive pour les enfants défavorisés de Cité Soleil. Cette association exemplaire de par son fonctionnement et son efficacité, offre des entraînements de football, basketball, tennis de table, athlétisme ainsi qu’un repas chaud et des cours de soutien scolaire à plus de 1300 enfants de Cité Soleil chaque jour.

C’est pourquoi les Anneaux de la Mémoire ont décidé de venir en aide à Cité Soleil par le biais de ce centre sportif, en soutenant :

- Le volet sportif grâce à l’octroi d’une subvention du Conseil Général de Loire Atlantique, qui permettra de financer du matériel sportif et administratif (ordinateurs, imprimantes…)

- Le volet propreté avec un projet de gestion des déchets de deux quartiers dans lesquels se situent l’Athlétique d’Haïti (tri-valorisation) et d’utilisation du compost produit pour promouvoir une activité maraîchère qui permettra à l’Athlétique d’Haïti de réduire ses frais de nourriture.

Pour en savoir plus sur l’Athlétique d’Haïti (site Internet en anglais) http://www.lathletiquedhaiti.com et l'article du Nouvelliste du 26/10/2007.

Haïti et les Anneaux de la Mémoire