Née sous le signe des idées généreuses de la philosophie des lumières, la révolution française, à Nantes comme ailleurs, se heurtera rapidement à la réalité, aux intransigeances idéologiques, à la haine de l'étranger, au fanatisme et à l'intolérance.

 

Le temps de la générosité

La Révolution, à ses débuts, se montre généreuse, et en 1789 la déclaration des Droits de l'homme promet aux étrangers vivant en France la liberté et l'égalité des Droits.

En avril 1790, l'Assemblée constituante accorde la nationalité française aux étrangers demeurant en France depuis cinq ans et disposant de quelque avoir.

En 1791, cette assemblée lève la clause de propriété et accorde cette fois la nationalité française à un étranger, à la seule condition qu'il fixe son domicile en France et prête le serment civique.

Dépassant la tradition monarchique du droit du sol, l'assemblée reconnaît comme citoyens à part entière les juifs de France, cependant que dès 1788, Louis XVI avait accordé la liberté religieuse aux protestants.

 

 

Les débuts de la Révolution à Nantes

A Nantes, les idées nouvelles rencontrèrent un accueil des plus favorables, dans une ville où les adeptes des lumières étaient nombreux; la prise du château des ducs fut la réplique de la prise de la Bastille.

 

 

La question de l'esclavage

La générosité des idées révolutionnaires devaient toutefois rencontrer un premier obstacle à Nantes avec la question de l'esclavage.

En effet, comme dans la plupart des villes portuaires, les négociants nantais, pour protéger le commerce colonial, refusent de suivre les prescriptions des Amis des Noirs qui réclament la fin de cet esclavage.

Oubliés dans la Déclaration des Droits de l'Homme, les Noirs des colonies d'Amérique, malgré la révolte des esclaves de Saint-Domingue en 1791, devront attendre 1794 pour voir leur servitude provisoirement abolie.

 

Les émigrés

Malgré l'article 10 de la déclaration des Droits de l'Homme interdisant toutes discriminations en raison d'opinions religieuses, le pouvoir révolutionnaire mettra tout en place pour remplacer le culte chrétien par le culte de l'Être Suprême et obliger les membres du clergé à prêter serment à la constitution.

Nantes va aller au delà des prescriptions du pouvoir central et servira, à partir de juin 1792, de lieu de rassemblement des prêtres réfractaires arrêtés dans l'Ouest et condammnés à l'exil en Espagne ou en Angleterre.

Dès les premiers mois de la Révolution, de nombreux nobles de l'ouest émigrent vers l'étranger.

Après les massacres de septembre, cette émigration devient générale.